Pays visité en 2018.
Le Sultanat d’Oman est un pays au nom exotique, encore peu visité par les européens, quoi que l’on en entende de plus en plus parler en tout cas en France. Il s’agit d’un petit pays puisqu’il compte moins de 5 millions d’habitants pour une surface d’environ 309 000 km2, ce qui en fait un petit trésor à découvrir avant l’arrivée du tourisme de masse. De retour de 10 jours dans ce magnifique pays, j’ai déjà envie d’y retourner afin d’en poursuivre la découverte, de profiter de sa magnifique lumière, de son authenticité et de sa douceur de vivre.
La première chose que l’on remarque en atterrissant à Mascate – outre le très bel aéroport flambant neuf – c’est le port par les omanais de leurs habits traditionnels. Les femmes sont voilées et vêtues de couleurs sombres tandis que les hommes portent le dishdasha, une robe longue de couleur claire ainsi qu’un chapeau. Le blanc / beige domine et c’est une couleur qui se retrouvera dans tout le pays, tant dans les couleurs des véhicules, de l’architecture que dans la lumière ambiante filtrée par la présence d’une légère brume constante.

Le ton est donné: le voyageur est directement plongé dans une ambiance particulière soulignée par l’odeur de frankincense omniprésente à Oman. Ma première impression était celle d’une grande douceur. Les 10 jours passés à Oman m’ont conduit à nuancer cette première impression: Oman se révèle une destination douce et paisible pour les touristes cela ne fait aucun doute, le Sultanat permet également à ses nationaux de mener une vie plutôt douce mais cette douceur ne touche pourtant pas tous les habitants du territoire d’Omanais.
En effet, après plusieurs jours dans le pays et au fil de discussions avec les locaux, on se rend compte que la société omanaise est une société à deux vitesses: le gouvernement – entendez le Sultan – semble plutôt choyer ses citoyens: de nombreux étudiants sont sponsorisés par le gouvernement pour faire des études supérieures dans le pays ou à l’étranger, le gouvernement octroie à chacun un bout de terrain gratuitement à sa majorité et finance l’achat de maison ou de terrain pour ceux qui ont un salaire considéré comme peu élevé, bref un Etat généreux.
Toutefois, les omanais représentent tout juste la moitié de la population du Sultanat d’Oman (les chiffres qui nous ont été rapportés varient entre 48 et 52%): l’autre moitié est constitué d’immigrants en provenance principalement de l’inde, du Bangladesh et du Pakistan. Il est rare de voir un pays dans lequel la moitié de la population est constituée d’immigrants, surtout lorsque la distinction avec les locaux est si marquée. Le touriste distingue rapidement un citoyen omanais d’un local non omanais puisque seuls les citoyens omanais portent le dishdasha. Autre indice: les citoyens omanais n’exercent quasiment que des métiers “nobles” ou protégés, comme par exemple celui de chauffeur de taxi: ainsi, les personnes qui nettoient la route le matin à l’aube avec des branches de palmier (véridique), les serveurs, les maçons et ouvriers sont quasiment toujours des immigrés.
Il est difficile de dire si Oman est un pays pauvre ou non: à priori ce n’est pas le cas au vu de la propreté ambiante, des bâtiments neufs et superbement entretenus, des excellentes infrastructures et du niveau d’éducation des omanais. Toutefois, il n’est pas certain que cette prospérité profite à toutes les personnes présentes sur le territoire. Finalement, l’image de la douceur est quelque peu amenuisée lorsque l’on se rend compte, en tant que touriste, que l’on ne voit pas de femmes omanaises. Peut-être celles-ci préfèrent éviter la chaleur, peut-être sont-elles trop occupées pour sortir, peut-être passent-elles d’une maison à l’autre tandis que l’espace public est réservé aux hommes, peut-être faut-il connaître les endroits fréquentés par les locaux pour voir des Omanaises mais ce qui est sûr c’est que l’absence de gente féminine dans les rues est anxiogène et l’on ne peut s’empêcher de se demander où elles se trouvent.
10 jours ne suffisent pas pour se faire une opinion tranchée sur la société omanaise en raison de ses nombreuses subtilités – la division de la population omanaise en plusieurs tribus, l’existence de plusieurs dialectes, la distinction entre les différentes régions, etc. La douceur subsiste pour le voyageur même s’il ne cesse de s’interroger sur cette société à deux voire trois vitesses.





